"Il n'y aura pas de référendum" en Catalogne — Mariano Rajoy

Finalement le texte a été adopté par 72 voix "pour" et 11 abstentions, avec des débats écourtés et sans un contrôle de légalité a priori par l'organe du parlement dont c'est la vocation.

Le parlement régional de Catalogne a voté ce mercredi 6 septembre la loi prévoyant l'organisation d'un référendum d'autodétermination dans cette région d'Espagne, ouvrant une grave crise avec Madrid.

La signature intervient après la promulgation de la loi régionale organisant la tenue de ce scrutin, au nom du " droit du peuple catalan à décider de son avenir politique ". Il prévaudra sur toutes les normes qui pourraient entrer en conflit avec le texte, ce qui équivaut à dire à l'Etat et à la justice que leurs décisions seront ignorées.

Il a ajouté que des instruction ont aussi été données " pour que les parquets catalans, avec l'aide de la police judiciaire, de la garde civile, de la police nationale et des Mossos d'Esquadra [police catalane] enquêtent sur toutes les actions visant à organiser le référendum illégal sous des chefs de désobéissance, de prévarication et de malversations de deniers publics ". Au final, il n'y a pas eu de voix contre car les élus opposés au scrutin ont refusé de voter et quitté l'hémicycle, laissant derrière eux des drapeaux catalans et espagnols côte à côte.

Ensuite, dans une assemblée à moitié vide semblant incarner la division de la région en parts presque égales entre indépendantistes et partisans du maintien en Espagne, les séparatistes ont repris en cœur l'hymne de la Catalogne.

La séance a été très houleuse et a duré près de onze heures.

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Le parlement de Catalogne adopte la loi prévoyant un référendum d'autodétermination

Après avoir remporté les élections régionales en septembre 2015, les séparatistes ont promis de chercher à conduire à l'indépendance la Catalogne, qui a une langue et une culture propres.

À peine trois semaines après les attentats des 17 et 18 août qui ont fait 16 morts et plus de 120 blessés en Catalogne, l'Espagne est ainsi confrontée à une de ses pires crises politiques en 40 ans de démocratie. La vice-présidente de Mariano Rajoy, Soraya Saenz de Santamaría, a condamné "un spectacle honteux démocratiquement parlant" et "un coup de force" contre la démocratie, évoquant également les méthodes dignes "des régimes dictatoriaux".

Le gouvernement de Madrid a demandé à la Cour constitutionnelle d'annuler cette loi dès son adoption.

Le porte-parole du gouvernement catalan, Jordi Turull, avait néanmoins assuré jeudi matin au sujet du référendum: "Qu'il neige ou qu'il vente, nous le ferons parce que c'est notre contrat avec les citoyens de Catalogne".

La Catalogne, traversée depuis des dizaines d'années par des courants rejetant l'autorité de la couronne et de Madrid, vit depuis le début de la décennie une poussée de fièvre sécessionniste, en partie alimentée par la crise mais aussi le sentiment d'être maltraitée par l'Etat central. En dépit d'une proposition de "dialogue" et d'investissements, il n'a pas cédé sur l'essentiel: l'exigence d'un référendum et de compétences renforcées.

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De son côté, le maire de Val-de-Reuil, Marc-Antoine Jamet, a estimé que cet exercice n'était pas aberrant. Soudain deux individus cagoulés ont surgi dans l'établissement et des explosions se sont produites.

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