Merkel brise un tabou — Turquie

Merkel brise un tabou — Turquie

A l'époque où elles ont été formellement ouvertes, en 2005, Recep Tayyip Erdogan n'était que premier ministre, il ne l'était que depuis deux ans, et surtout il était encore auréolé de l'image d'un dirigeant progressiste, celui qui saurait marier islam et démocratie.

"Signe qu'il ne s'agit pas - seulement - d'un argument de campagne", estiment Les Echos, "la chancelière a ajouté qu'elle rechercherait une 'position commune' dans ce sens avec ses collègues européens après les élections de septembre." .

Le porte-parole du président turc a réagi, dénonçant un "manque de vision" de la chancelière allemande. "Plus de 160 journalistes critiques du président Recep Tayyip Erdogan ont été écroués, dont Deniz Yücel, le correspondant du quotidien allemand Die Welt", souligne Le Monde.

Ömer Çelik, le ministre turc des Affaires européennes, a lui aussi choisi le petit oiseau bleu de Twitter pour envoyer un message clair à Berlin: "Certains politiciens allemands, lors de leurs campagnes électorales, donnent ouvertement des ordres aux responsables et aux États membres de l'UE".

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Tout reste possible pour atteindre la première place du groupe , tandis que les gabonais doivent encore affronter les maliens et les marocains en octobre.

Après les propos de la chancelière allemande, la question est de savoir si une rupture des négociations avec la Turquie est bel et bien possible.

Personne n'avait osé jusqu'à présent évoquer la fin des négociations d'adhésion. À trois semaines du scrutin, le candidat du SPD, Martin Schulz, a tenté de prendre Angela Merkel à revers, en réclamant la fin des discussions avec la Turquie.

Au jeu de la surenchère, Ankara risque de perdre. Le porte-parole de ce dernier a en effet jugé "impossible" l'entrée de la Turquie dans l'UE. Puis, pour ne lui laisser aucun espace, elle a ajouté qu'elle chercherait "une position commune" avec ses partenaires européens afin de "mettre un terme" aux négociations avec Ankara. D'un côté, "la Turquie, relais de l'Otan au Moyen-Orient, serait humiliée et fragilisée" et ne pourrait plus compter sur les fonds européens.

Angela Merkel, qui n'a jamais été favorable à l'adhésion de la Turquie à l'UE et qui a toujours défendu l'idée d'un "partenariat", rechigne à élever la voix. Jean Claude Juncker devrait également profiter de son discours sur l'état de l'Union le 13 septembre pour aborder le sujet [RTBF].

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