Tabac : le scandale du filtergate

Tabac : le scandale du filtergate

Déjà en 1982, quatre fabricants de cigarettes avaient traîné en justice British Americain Tobacco (BAT), pour "concurrence déloyale" après avoir commercialisé une cigarette "très légère", avec seulement 1 milligramme de goudron et 0,2 mg de nicotine. Toutes les quatre sont accusées de sous-estimer la quantité de goudron, de nicotine et de monoxyde de carbone inhalées par les fumeurs.

Selon le Comité, la teneur réelle en goudron et nicotine contenue dans les cigarettes serait " entre deux et dix fois supérieure " à celle indiquée sur les paquets pour ce qui est du goudron, et " cinq fois supérieure " pour ce qui est de la nicotine. Perclus de trous microscopique, il fait baisser les taux de goudrons et de nicotine par ventilation.

" Les fumeurs qui pensent fumer un paquet par jour en fument en fait l'équivalent de deux à dix ", assure le CNCT, augmentant ainsi de manière proportionnelle l'inhalation de substances cancérigènes et donc le risque, pour les fumeurs, de développer un cancer. Le CNCT pointe du doigt "l'existence de minuscules trous" dans les filtres de cigarettes destinés à "falsifier les tests" en agissant comme un "système de ventilation invisible", a-t-il indiqué dans un communiqué. "Ils ont menti sur la teneur en goudron et en nicotine des cigarettes, et surtout, ils ont créé un dispositif dans les cigarettes qui permet de tromper les machines qui sont censées contrôler ces quantités de goudron et de nicotine", explique vendredi dans Europe Midi Pierre Kopp, avocat du comité national contre le tabagisme (CNCT). "Son objectif, c'est de rendre les gens accros à la nicotine, pour qu'ils reviennent acheter leur drogue".

Plainte contre les industriels du tabac:
Tabac : le scandale du filtergate

L'association de lutte contre le tabac a donc déposé plainte contre eux pour "mise en danger de la vie d'autrui" le 18 janvier auprès du parquet de Paris.

Les fabricants de tabac, suspectés de tricher sur les taux de nicotine et de goudron dans les cigarettes, s'abstiennent à ce stade de tout commentaire. Selon le CNCT, 97% des cigarettes seraient concernées par ce dispositif.

Selon lui, les taux baissent artificiellement lorsque les cigarettes sont testées sur des machines car les substances dangereuses sont diluées dans l'air que laissent passer les micros-trous. Des procédures similaires ont été lancées ou sont en cours dans d'autres pays. Pour voir ces petits trous, il suffit de déchirer le papier qui entoure le filtre et de le placer devant une source lumineuse. Cette fois-ci il n' s'agit pas des voitures mais des cigarettes. Le tabac, responsable de cancers et de maladies cardiovasculaires, cause environ 75.000 décès par an en France.

Twitter enregistre son premier bénéfice après 12 ans d'existence
Par rapport aux 717 millions de dollars enregistrés en 2016, cela constitue une hausse de 2 %. Le résultat net après impôts s'établit à 91 millions de dollars, soit 12 cents par action.

Related Articles