Millepertuis et déprime saisonnière : bienfaits et précautions

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Le millepertuis (Hypericum perforatum) revient chaque automne dans les rayons phytothérapie, souvent présenté comme un soutien naturel du moral. Ce qui est beaucoup moins souvent mis en avant, c’est qu’il s’agit d’une plante aux interactions médicamenteuses parmi les plus documentées en phytothérapie. Voici les questions à se poser avant d’y avoir recours, sous forme de questions-réponses.

Qu’est-ce que le millepertuis exactement ?

Le millepertuis est une plante à fleurs jaunes utilisée depuis longtemps en phytothérapie traditionnelle, notamment pour accompagner les états de morosité passagère ou de fatigue nerveuse légère, comme celle que certaines personnes ressentent lors des changements de saison. On le trouve sous forme de gélules, de teinture-mère ou d’infusions en pharmacie et en herboristerie.

Peut-il vraiment aider en cas de déprime saisonnière ?

Certaines personnes rapportent un mieux-être avec le millepertuis lors de baisses de moral légères et passagères, de type « coup de mou » saisonnier. Il ne faut cependant pas le confondre avec un traitement de la dépression au sens médical : une dépression caractérisée, avec tristesse persistante, perte d’intérêt marquée ou troubles du sommeil importants pendant plusieurs semaines, nécessite un diagnostic et un suivi médical, et ne doit jamais être prise en charge par automédication, même à base de plantes.

Pourquoi ses interactions médicamenteuses sont-elles préoccupantes ?

C’est le point le plus important à retenir : le millepertuis accélère l’élimination de nombreux médicaments par le foie, ce qui peut fortement réduire leur efficacité, parfois de façon dangereuse. Les interactions médicamenteuses les plus documentées concernent :

  • La pilule contraceptive : le millepertuis peut diminuer son efficacité et exposer à un risque de grossesse non désirée
  • Les anticoagulants : il peut réduire leur effet et augmenter le risque de caillots, avec des conséquences potentiellement graves
  • Les antidépresseurs, notamment ceux qui augmentent la sérotonine : l’association peut provoquer un syndrome sérotoninergique, une réaction rare mais sérieuse

Cette liste n’est pas exhaustive : le millepertuis interagit aussi avec certains traitements contre le rejet de greffe, certains traitements du VIH, et d’autres médicaments à marge thérapeutique étroite.

Qui ne devrait pas en prendre sans avis médical ?

Par précaution, il ne faut jamais démarrer une cure de millepertuis sans en parler à un médecin ou un pharmacien si vous prenez déjà un traitement, quel qu’il soit, et en particulier une pilule contraceptive, un anticoagulant ou un antidépresseur. Les femmes enceintes ou qui allaitent, ainsi que les personnes déjà suivies pour un trouble psychiatrique, doivent également s’abstenir d’en prendre sans avis médical préalable.

Autre point souvent oublié : le millepertuis peut aussi rendre la peau plus sensible au soleil chez certaines personnes. Un point de vigilance simple à connaître avant une exposition prolongée pendant une cure, même en dehors de l’été, les rayons UV pouvant rester actifs par temps couvert.

Existe-t-il des alternatives plus sûres en cas de traitement en cours ?

Si vous prenez déjà un médicament incompatible avec le millepertuis, mieux vaut ne pas chercher à « compenser » par une dose plus faible ou une prise espacée : les interactions ne fonctionnent pas de façon proportionnelle et un dosage réduit ne supprime pas le risque. Dans ce cas, il est préférable de discuter avec son médecin d’autres approches non médicamenteuses pour accompagner une baisse de moral saisonnière, comme l’exposition à la lumière du jour, l’activité physique régulière ou des techniques de relaxation qui, elles, ne présentent pas d’interaction connue avec les traitements en cours.

Comment limiter les risques si l’on souhaite l’essayer ?

  1. Parler à son médecin ou son pharmacien de tous les traitements en cours, même ponctuels
  2. Ne pas associer le millepertuis à un traitement en cours sans validation médicale
  3. Privilégier une cure courte et surveillée plutôt qu’une prise prolongée sans avis
  4. Arrêter et consulter en cas de signe inhabituel (règles irrégulières sous pilule, saignement, agitation inhabituelle)
  5. Ne jamais l’utiliser comme substitut à un traitement antidépresseur prescrit

En résumé

Le millepertuis n’est pas un produit anodin sous prétexte qu’il est d’origine végétale : ses interactions avec la pilule, les anticoagulants et les antidépresseurs sont bien documentées et potentiellement sérieuses. Cet article est donné à titre informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé : demandez toujours conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant toute prise, surtout si vous suivez déjà un traitement. Des informations officielles sur les précautions d’emploi et les interactions du millepertuis sont disponibles sur ansm.sante.fr et sur les fiches médicaments de vidal.fr.

Pour d’autres repères sur les compléments et plantes utilisés en bien-être, consultez notre rubrique Nutrition & Compléments ou Santé & Bien-être.


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