Vitamine D en hiver : pourquoi et comment se supplémenter

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Élodie Rousseau, journaliste santé. Dès les premiers jours raccourcis de l’automne, la question revient chaque année : faut-il se supplémenter en vitamine D pendant l’hiver ? Voici pourquoi cette vitamine mérite une attention particulière à cette période, et comment aborder le sujet sans excès.

Pourquoi la vitamine D pose problème en hiver

L’essentiel de nos apports en vitamine D ne vient pas de l’alimentation mais de la synthèse cutanée : sous l’effet des rayons UVB du soleil, la peau fabrique elle-même cette vitamine. Or, en France métropolitaine, l’inclinaison du soleil en automne et en hiver ne permet plus cette synthèse pendant plusieurs mois, d’autant que les journées raccourcies et le temps passé en intérieur réduisent encore l’exposition. Résultat : une bonne partie de la population présente des taux de vitamine D plus bas en fin d’hiver qu’en fin d’été.

À quoi sert-elle vraiment ?

La vitamine D joue un rôle bien établi dans l’absorption intestinale du calcium et du phosphore, donc dans la solidité des os et des dents. Elle intervient aussi dans le bon fonctionnement musculaire. D’autres pistes, sur l’immunité ou l’humeur par exemple, sont étudiées par la recherche, mais les preuves restent à ce stade moins solides et ne doivent pas servir à justifier des dosages élevés « au cas où ».

Qui est le plus concerné par un manque ?

Certains profils sont plus exposés à un déficit hivernal : les personnes âgées, dont la peau synthétise moins bien la vitamine D, les personnes à peau mate ou foncée, celles qui s’exposent peu au soleil pour des raisons professionnelles ou vestimentaires, ainsi que les nourrissons et les femmes enceintes, pour qui des recommandations spécifiques existent déjà en routine. Dans ces situations, une supplémentation est souvent proposée de façon quasi systématique par les professionnels de santé, indépendamment de tout dosage sanguin préalable.

Faut-il se supplémenter, et sous quelle forme ?

Pour la population générale en bonne santé, les autorités sanitaires françaises, dont l’ANSES, rappellent qu’une supplémentation systématique n’est pas justifiée pour tout le monde et que les apports doivent rester dans des limites raisonnables. Quand une supplémentation est recommandée, elle prend le plus souvent la forme de cholécalciférol, c’est-à-dire de vitamine D3, la forme la mieux assimilée par l’organisme, disponible en gouttes ou en ampoules selon les posologies.

Les repères à garder en tête

  • La vitamine D est liposoluble : contrairement à la vitamine C par exemple, l’organisme la stocke, ce qui rend un surdosage possible en cas de prise excessive et prolongée.
  • Un dosage sanguin n’est pas systématiquement nécessaire avant de se supplémenter, mais il peut être utile en cas de doute ou de facteurs de risque particuliers.
  • L’alimentation (poissons gras, œufs, produits laitiers enrichis) apporte un complément utile, mais rarement suffisant à elle seule en hiver.
  • Les compléments en vitamine D existent à des dosages très variables : une ampoule « de charge » prescrite ponctuellement par un médecin n’a rien à voir avec une prise quotidienne en gouttes, et les deux ne se cumulent pas sans avis médical.

Un surdosage, ça ressemble à quoi ?

Il reste rare, mais il existe : pris en excès et sur une longue durée, la vitamine D peut entraîner un taux de calcium trop élevé dans le sang, avec des symptômes comme une fatigue inhabituelle, des nausées ou une soif excessive. C’est justement parce que ce risque est réel, quoique peu fréquent, qu’il ne faut pas cumuler plusieurs sources de supplémentation (gouttes quotidiennes, ampoule prescrite, complément multivitaminé) sans en informer son médecin ou son pharmacien.

Le bon réflexe

Avant de se lancer dans une cure de vitamine D « parce que c’est l’hiver », mieux vaut en parler avec son médecin ou son pharmacien, qui pourra évaluer si une supplémentation est utile dans votre situation et à quelle dose. Cela évite à la fois les carences non traitées et les excès inutiles. Pour d’autres réflexes santé de saison, notre rubrique conseils du doc et notre rubrique santé et bien-être creusent régulièrement le sujet. Pour approfondir le fonctionnement de cette vitamine, la fiche Wikipédia sur la vitamine D est un bon point de départ, tout comme les repères nutritionnels publiés par l’ANSES.


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